La vie (post) Californie

Hello les amis,

Comment allez-vous depuis tout ce temps sans vous écrire?

J’espère que les dernières semaines se sont bien passées pour vous. Pour moi, elles ont été intenses en soleil, en émerveillement, en questionnement, j’en ai eu plein les yeux, plein le cœur. C’était fou, c’était bien.

Oui, bien sûr, je vous parle de mon voyage en Californie.

Je suis rentrée depuis une petite semaine. Mon sommeil n’est pas encore recalé à l’heure française, mais peu importe. Ce qui est important, c’est que depuis mon retour je rêve de ce voyage toutes les nuits. Je ne suis pas rentrée dans ma tête, ou dans mon cœur. Enfin, je ne sais pas comment expliquer. Mais on dirait que mon corps est là, et pourtant mon esprit est resté là-bas. Je me demande si ce n’est pas le fait d’engloutir ces milliers de kilomètres en l’espace de 24 heures qui me donne cette drôle d’impression. C’est presque choquant de se lever un matin à San Francisco, et de se retrouver le lendemain à Toulouse. Avant les gens mettaient des semaines pour voyager, ils avaient le temps d’intégrer le fait qu’ils étaient partis, et que bientôt ils seraient rentrés (ou arrivés).

Ou bien, c’est juste que ce voyage me reste dans le cœur, et puis c’est tout.

Je me rappelle à mon retour d’Australie, j’étais heureuse d’être de nouveau en France, d’être rentrée chez moi, j’avais adoré passer tout ce temps dans ma famille mais je m’étais sentie loin de tout. Là, j’aurais pu rester encore un mois ou deux sans problème. Je me sentais bien, malgré tout ce que j’ai pu voir…

Car ce que j’ai vu m’a réellement bousculée. Oui, la Californie c’est ce que l’on en voit à la télé, mais d’y être en vrai, ça change tout. Et je suis ravie d’y être allée. Comme à chaque voyage je reviens changée, comme si une mutation s’opérait. Ce qui est sûre, c’est que j’y retournerai, et je n’attendrai pas  dix ans. J’y ai rencontré mes deux amis de Los Angeles, avec lesquels j’avais tissé des liens en privé depuis plus de trois ans,  et de les rencontrer IRL (In real life, comme on dit sur les réseaux) c’était magique et évident.

Merci Jeff et Ann pour le temps que l’on a passé ensemble ❤

On s’est dit à très vite, et je le crois vraiment.

Et puis je suis tombée amoureuse de cette nature magnifique qui couvre la petite partie que j’ai pu visiter. Cela m’a donné une furieuse envie de parcourir de nouveau ce pays et de le découvrir un peu plus.

***

Fin juillet, après 24 heures de voyage nous avons donc atterri à Los Angeles!

Est-ce que j’ai aimé Los Angeles? C’est difficile de répondre à cette question, parce que Los Angeles est comme un diamant à multiple facettes (et attention, parfois le diamant se révèle être un sordide caillou). LA est un peu schizophrène, il y a Docteur Jekyll, et il y a aussi Mister Hyde, et ce Hyde-là, il ne sort pas que la nuit (rendez-vous en fin d’article pour savoir de quoi je parle).

LA n’est pas unique, c’est un patchwork de petites villes et de quartiers collés les uns aux autres, délimités parfois par une rue, reliés entre eux par d’immenses boulevards désertés du moindre piéton.

C’est immense. Sunset Boulevard fait 40 kilomètres, et il n’est pas le plus long boulevard de LA. Pour atteindre Downtown depuis Santa Monica, il faut au moins une heure et demi en bus. Personne ne marche dans les rues, c’est tellement étendu que tout le monde prend la voiture pour se déplacer d’un point A à un point B.

On a eu parfois l’impression de marcher dans un désert urbain seulement fréquenté par des gens supers bizarres qui nous ont fait changer de trottoirs plusieurs fois. Sincèrement, j’étais heureuse de ne pas avoir mes fils avec moi pour ce premier contact avec la ville. Si je dois les amener la prochaine fois, je saurais un peu plus où mettre les pieds (et ceci n’est pas une métaphore).

De ce que je vous en dis, vous allez penser que je n’ai pas aimé Los Angeles, à vrai dire, je n’en ai aucune idée. Je crois que c’est impossible de faire une synthèse de ce qu’est cette immense ville.

Les quartiers sont si différents les uns des autres. J’ai adoré West Hollywood, le quartier gay avec ses petites maisons cosy et ses boutiques colorées, Beverly Hills, est aussi sincèrement un superbe endroit, très propre et très bien entretenu, on se demande ce que fait cette ville-là (Magnifique mairie au passage, brillante comme un soleil) posée entre deux autres quartiers qui sont bien différents. Le long de Sunset Boulevard, le Sunset Strip est très sympa également avec ses fleurs et ses petits restaurants chics.

On n’y croit pas en fait, on marche là avec ma soeur, c’est toujours Los Angeles, et on est descendues d’un bus venant de Santa Monica (qui regroupe un nombre incalculable de Homeless [sans-abris] et de désespérés), et dans lequel une femme ne portait qu’un string. Bref, c’est perturbant, ça pourrait être risible si ce n’était pas si préoccupant.

Nous avons visité UCLA, l’université de Los Angeles, qui est juste magnifique, et inspirante.

Et puis, Venice Beach… Venice Beach c’est le repère des artistes de rues, des petites boutiques de souvenirs, ou ésotériques, des chanteurs qui se produisent par-ci par-là, des gens qui font du rollers et du vélo en famille. Et il faut aussi que je vous parle des canaux de Venice… la petite Venise, c’est incroyable de voir ces canaux, là, au milieu de cette immense ville.

Et puis, il y a aussi Downtown! Quel quartier singulier avec les vieux immeubles art déco. Nous avions réservé un tour avec la société historique de Los Angeles, c’était fabuleux ! C’est le quartier des hipsters, avec des coffee shop, des marchés bio. Dans ce quartier-là il y a du coup beaucoup de monde dans les rues, des jeunes bobos chics et à la mode, des touristes…

Quelques centaines de mètres plus loin, en marchant vers Little Tokyo, l’angoisse arrive parce que l’ambiance a changé sans qu’on s’en rende compte. Soudain, il n’y a plus personne. Encore ce désert urbain dans lequel on ne croise que des laissés pour compte, qui parlent tout seul, qui hurlent, qui saignent même parfois.

Los Angeles, c’est la ville qui part dans tous les sens, surprenante, c’est un puzzle d’émotions et de ressentis et ça nous perd un peu dans nos perceptions.

 

****

Et puis, on reprend les visites, étonnées par toutes ces disparités. Le Hollywood Forever Cimetary est un très beau parc planté d’arbres remarquables. Je vous avoue que l’on a pas vraiment cherché les tombes de Rudolph Valentino, John Houston, ou Tyrone Power. Nous avons marché un peu au hasard, cherchant l’ombre, ébahies de visiter un cimetière si beau, si clair, si vert, immense et superbement arboré de palmiers.

Le Griffith Observatory donne la plus belle vue sur Los Angeles. On la voit s’étendre à 360° jusqu’à la mer. On y aperçoit aussi parfaitement le panneau Hollywood. Il y avait une exposition gratuite (et permanente apparemment) sur la conquête spatiale. Pour tout ceux qui aime les étoiles, je vous le conseille, c’était une visite très intéressante. En revanche, il y avait énormément de monde donc, parfois pour voir ou lire les explications, ce n’était pas évident.

De plus, il y a des sentiers de randonnées qui partent dans le parc qui entoure l’observatoire, cela permet d’avoir un magnifique panorama sur la ville, en étant un peu à l’ombre.

Evidemment, nous sommes allées sur Hollywood Boulevard, avec son fameux walk of fame.

Alors, les paillettes n’étaient pas franchement au rendez-vous 🙂 . On sent que c’est un quartier à l’abandon, et c’est paradoxal quand on sait que les grandes avant-premières de films se déroulent à quelques mètres de là (ce qui pour moi représente complètement la ville, en fait. Beaucoup de paillettes du bon côté de la médaille, et si on la retourne… c’est noir et terne). J’avoue que c’était très émouvant de voir les empreintes de mes stars préférées (Cary Grant, Julie Andrews Sophia Loren, Humphrey Bogart, James Stewart, Marylin Monroe et Jane Russel, Bette Davis…), devant le chinese Theater.

Et puis nous avons été au Brentwood Cemetary. Je ne pouvais pas aller à Los Angeles sans aller voir la tombe de Marilyn Monroe, je n’en parle pas parce que cela fait partie de ce qui est vraiment privé dans mon coeur, mais depuis que je suis petite je suis très attirée par Marilyn, pas par la star et le sex-symbol, non par sa vie de femme et celle qu’elle était derrière son maquillage. J’ai plein de livres sur elle, je l’aime vraiment très fort. Nous avons donc marché encore (on a marché environ 10 kilomètres par jour) et nous sommes allées la voir.

Je ne peux pas vous décrire ce qui s’est passé à ce moment-là (j’écrirai peut-être un article sur ce moment). J’avais déjà vu sa tombe en photo, le cimetière dans des reportages, mais d’être là, devant elle, devant cette plaque, j’ai ressenti une immense émotion, et je me suis mise à pleurer. De Marylin Monroe on ne voit que l’image. Souvent, et partout, sur tous les supports, des tasses, des tee-shirt, des tableaux, des photos, des livres, des culottes.

On en oublie qu’elle a existé en chair et en os, qu’elle était comme nous, un jour sur Terre parmi les vivants. C’est ce que j’ai ressenti devant sa tombe. Je me suis dit, ‘Oh mon dieu, elle est là’. Et j’ai réalisé qu’elle avait été vivante, et que malgré toutes les photos, qui soit disant continuent de la faire vivre, la femme a été oubliée au profit de l’image. Cela m’a rendu très triste pour elle.

Depuis 20 ans que j’en rêvais, nous sommes allées voir le Whisky a gogo, qui est le club le plus ancien de LA. Les Doors, Aérosmith, Motley Crue et bien sûr les Guns n’ Roses y ont débuté et se sont produits à cet endroit. Du bon son… On a aussi croisé le Viper Room, et le Roxy. Et nous étions déjà passées devant le Troubadour autre club, qui se situe sur Santa Monica Boulevard.

Nous sommes restées une semaine à Los Angeles, et je dois dire que l’on a vu une grosse partie de la ville, en bus, en metro, en voiture (merci à mon ami Jeff, d’avoir été notre guide particulier dans les collines chic de Bel Air et Holmby et à Malibu).

Puis nous avons loué une voiture (bonheur intense de conduire une voiture automatique pour la première fois de ma vie. Je suis plutôt old school, et j’adore conduire. J’ai toujours pris les voitures automatiques un peu de haut, et en réalité, c’est extrêmement confortable et reposant).

Voici quelques unes de mes photos de Los Angeles, pour plus de photos, je vous invite vivement à aller sur mon compte Instagram, j’y ai mis mes photos dans deux stories à la Une : par ici : Lily B. Francis

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Parties de Los Angeles, (j’étais un peu en stress j’avoue de conduire dans les bouchons et sur les highways à presque 16 voies, mais en réalité, c’était très facile avec le GPS) nous avons remonté la route 1, la Pacific Coast Highway, jusqu’à San Francisco.

C’est une route stupéfiante pour les mirettes, tant de paysages différents: le désert, la mer, puis la forêt sombre de Big Sur, la brume, le soleil de nouveau.

La nature aux Etats-Unis est juste extraordinaire, je me suis nourrie de cette beauté et j’ai dû prendre 2000 photos!

Arrivées à San Francisco, la magie opère…

C’est une ville à taille humaine, qui a une âme, on la sent habitée, vivante, vibrante. Et, il y a des gens qui marchent sur les trottoirs, halleluia!

Son ambiance ressemble à celle d’une grande ville dynamique européenne avec ce côté balade en bord de mer. Nous avons encore marché et marché dans les rues qui sont (très) en pente, et nous avons pu visiter les quartiers de Pacific Heights (qui porte bien son nom, très haut, très crevant) avec les nombreuses maisons victoriennes à couper le souffle (j’aurais tellement aimer en visiter une :/). Nous avons bien sûr arpenté Chinatown, Haight-Ashburry le quartier des hippies, le Fisherman’s warf quartier des pêcheurs, et bien évidemment nous avons marché (encore) vers le Golden Gate Bridge.

Alors que le soleil de Los Angeles nous avait transformées en momie desséchées au milieu des palmiers et des cactus (des IMMENSES cactus !!!) à San Francisco, les températures n’ont pas dépassées les 20°C, heureusement, on était prévenues et j’ai enfilé ma doudoune rose ❤ !

Si je ne peux faire une synthèse sur Los Angeles, je sais en revanche que j’ai adoré San Francisco, c’est une ville agréable, à l’architecture élégante. Nous n’y sommes pas restées longtemps, mais je veux déjà y retourner.

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Derrière tout ce que l’on peut voir comme films ou comme séries, je me dis quand même que les Américains sont très forts pour cacher la misère. Parce que c’est de ça dont il s’agit, de misère humaine.

La claque, je l’ai reçue en pleine figure dès le premier matin. Nous avions décidé de commencer par voir la jetée de Santa Monica et de marcher le long de Venice Beach. Malgré notre fatigue due au voyage, nous nous sommes levées super tôt et dès 8 heures du matin nous étions dans le premier bus en direction de la jetée de Santa Monica. Arrivée à Pacific Palissade, j’ai remarqué des formes au sol, allongées sous les magnifiques palmiers, j’ai trouvé cela bizarre, dans ce superbe parc, de voir des gens qui dormaient dehors comme ça.

Et il y en avait… il y en avait tellement qui dormaient dans l’herbe, sous des couvertures, au milieu de leurs chariots, leurs affaires dans des caddies ou dans des sacs.

C’était dingue pour moi, parce que là, c’était une foule.

Ce fut donc notre premier contact avec l’Amérique, et sincèrement, si l’on n’est pas prévenu c’est très choquant.

Le soir j’ai cherché un peu sur Internet et effectivement, il y a environ 55000 homeless (sans-abris) à LA. Los Angeles, par endroit ressemble à une ville abandonnée, désenchantée.

A côté des superbes quartiers propres et luisants, les rues sentent l’urine. Le long du City Hall, les tentes des sans-abris sont plantées et ils vivent là livrés à eux-mêmes. Les bancs et les trottoirs sont noirs de crasse. La Scientologie à renfort de grands sourires se balade et vous accoste avec bienveillance dans cette ville où les gens arrivent avec des rêves et qui deviennent des désillusions (note personnelle : on n’a pas été abordées une seule fois par la Scientologie à San Francisco). Il y a des endroits avant d’arriver à Malibu où les branchements hasardeux de fils électriques m’on fait penser à ceux que j’ai pu voir en Asie, et juste une maison plus loin, ils sont enterrés parce qu’on arrive dans le quartier chic. C’est impensable pour nous, français, de voir cela.

Il y a évidemment des sans-abris en France, mais il n’y en a pas dans une telle proportion. Beaucoup de sans-abris de San Francisco sont d’anciens soldats souffrants de troubles de stress post-traumatique qui se retrouvent à la rue sans aide, dans les deux villes les réaménagements urbains ne se soucient pas de reloger les gens… et je ne parle pas du système de santé. Alors que j’étais en vacances à Los Angeles, j’étais en lien avec mon ami Jay, qui habite dans l’Est des Etats-Unis. Très malade, il vit un enfer parce que ses soins coûtent une fortune, et il a vendu déjà tout ce qu’il avait (si vous voulez en savoir plus et l’aider, s’il vous plaît, c’est par ici : JayeEryck

En France cela n’arrive pas, on soigne les gens même s’ils n’ont pas d’argent, et on les reloge quand on abat les immeubles ou les hôpitaux psychiatriques. Il s’agit de dignité humaine, et malheureusement, je crois que les Etats-Unis ont perdu de vue cette valeur.

Voilà, les amis les impressions de mon voyage américain, du grandiose et du terrible.

Je vous souhaite une très belle journée ❤

Plein d’amour sur vous,

Lily ❤

4 commentaires

  1. Merci Lily pour cet article fascinant et pour ton honnêteté. J’habite dans un pays anglo-saxon qui une fois sorti de l’Europe, je n’en ai aucun doute, ressemblera comme une copie conforme aux États-Unis. Les grandes entreprises américaines se disputent déjà la privatisation du système de santé.
    On ne sait pas la chance qu’on a en Europe.
    Ceci dit j’ai quand même envie de visiter la Californie.

    Aimé par 1 personne

    1. Je pense qu’il faut aller visiter la Californie, parce que ça mérite le coup d’œil. Vraiment… la nature y est magnifique. Et comme je le dis dans l’article, je retournerai au Etats-Unis parce qu’il y a aussi du bon, les gens que j’y ai rencontré étaient adorables, j’ai passé de supers moments à San Francisco… C’est juste qu’il faut être préparé à voir certaines choses et malheureusement, l’image qu’on a des USA avec les films et les séries ne reflètent en rien la réalité. Merci pour votre commentaire 🙂

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    1. Hello David, j’aimerais aussi qu’on réussisse à se voir, ce serait tellement sympa de discuter de tout ça… Tu sais quoi, quand je reviens à Bordeaux, je t’envoie un petit message pour qu’on essaie de se caler quelque chose… ❤

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