Lily lecture et Guillaume Musso

Ceci n’est pas une chronique littéraire mais une lettre d’excuse.

Monsieur Musso, cela fait quinze ans que je vois vos livres partout, en grand et en petit format, et cela fait quinze ans que je passe devant sans m’arrêter. Et aujourd’hui je m’en excuse.

Tout a commencé par un malentendu entre nous avec votre roman ‘Et après’. Quand j’ai découvert le pitch, je suis devenue verte de jalousie parce qu’à treize ans j’avais commencé l’écriture d’une histoire similaire (oui, oui, je sais que c’est ridicule). Et cette première impression, teintée de ressentiment, est restée, je l’avoue.

Et puis ensuite tout le monde a lu vos livres et je me disais : « il y a déjà tellement de gens qui le lisent, ne vaudrait-il mieux pas que je lise autre chose ? »

J’ai toujours détesté faire les choses comme les autres. Au collège quand c’était la mode des Doc-Martins je mettais des mocassins, quand c’était la mode des boys-band j’étais à fond dans le rock et le métal… bref, le résultat de tout cela, c’est que je suis passée à côté de vous, je l’avoue, pour les mauvaises raisons.

Et puis un jour, alors que j’étais dans ma voiture j’ai entendu à la radio le trailer de votre roman « La jeune fille et la nuit ». Et dans ma tête ce fut inouï, une évidence : ce livre là, il fallait que je le lise.

Il est sorti par la suite en grand format et je l’ai tenu plus d’une fois dans ma main avant de le reposer dans les rayonnages.

Oui, les habitudes ont la peau dure malgré les évidences.

Enfin, au printemps dernier, son petit format de poche m’a sauté dans la main. C’était le moment de rectifier mon destin de lectrice.

J’ai attendu encore deux mois avant d’oser l’ouvrir. Et là, il y a eu tout de même un couac en début de lecture. Je ne sais pas si c’est parce que j’en attendais beaucoup avec ce trailer hyper puissant, ou si je m’étais mis trop de pression concernant notre rencontre livresque mais… avec stupeur je n’ai pas pu entrer dans l’histoire. C’est très rare quand ça m’arrive. J’étais déçue, un peu mortifiée et j’ai préféré suspendre ma lecture plutôt que de la gâcher.

En effet, je pense que, comme dans les rencontres humaines, la découverte d’une oeuvre littéraire dépend aussi grandement du moment de sa lecture.

Clairement je n’étais pas encore prête.

J’ai donc reposé votre livre et j’ai attendu qu’il m’appelle de nouveau. C’est arrivé il y a quinze jours. Je l’ai repris de ma pile de livres, je sentais que c’était le moment de replonger dedans, de retenter l’expérience. Enroulée dans un plaid, avec une tasse de chocolat chaud, je suis partie à la rencontre de Vinca et de votre plume.

Et là, tout a changé, moi en premier.

Je ne m’attendais pas à découvrir une intrigue si étonnante et si parfaitement ficelée, et des personnages profonds, complexes et si détaillés, (même s’ils ne font qu’une apparition de quelques pages). Et puis, il y a eu les références à notre passé commun de collégiens et étudiants des années 90 et là j’ai tout reconnu ! Le gymnase, les K7 avec les compilations, les beaux gosses, les geeks, la bibliothèque, le club de théâtre, les classeurs Chevignon, les feuilles à carreaux Séyès, le sac Eastpak… Et ce narrateur, qui est auteur et qui ne se sent bien qu’avec les livres, il m’a parlé plus que les autres !

Je me suis laissée emporter dans l’enquête sur la disparition de Vinca Rockwell, et pendant une semaine j’ai été remplie de son histoire.

Ce fut un très bon moment et tout au long de ma lecture je me disais : ‘Ce n’est pas possible, il écrit et décrit avec un tel réalisme, une telle précision, les personnages sont tellement vivants, qu’il a dû vivre cette histoire’… et j’ai souri en lisant votre petite note à la fin précisant que tout était inventé.

Cela n’en est que plus brillant !

Toutes mes excuses d’avoir mis tant de temps à vous lire, tant de temps à grandir. Ou peut-être que ce n’était juste pas le bon moment.

En tous cas, je lirai vos prochains romans avec curiosité. Je vais pouvoir dire que j’ai enfin lu un roman de Guillaume Musso et comme vos millions de lecteurs, je vais pouvoir dire que j’ai adoré.

Bizarrement, ça ne me dérange plus de faire comme les autres.

Bien à vous,

Lily

2 commentaires

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s